La viande et l’argent du contribuable

icône viande.info représentant l'argent du contribuable imputé à l'élevage

C’est dans les pays riches que la consommation de produits animaux est la plus forte, un état de fait qui ne répond à aucune nécessité nutritionnelle. Or, les « productions animales » y sont soutenues par des aides publiques conséquentes.

Les aides européennes

Subventions directes aux éleveurs

Ces subventions sont allouées en fonction de leur production (animaux ou leur sous-produits). Les autorités européennes déclarent que ces aides ont disparu, qu’elles sont aujourd’hui conditionnées notamment par des critères liés à l’environnement. En se penchant sur les budgets, il est facile de se rendre compte qu’il n’en est rien. Les secteurs ovins, caprins et bovins (viande et lait) en ont bénéficié ces dernières années1.

Les aides à l’exportation appelées restitutions

Le financement d’aides à l’exportation de certains produits en dehors de l’Union européenne est fréquent. Il défavorise pourtant l’agriculture locale des pays du tiers-monde, les produits européens étant alors moins chers que ceux produits localement2. En bénéficient en particulier en 20093, les producteurs de bovins, volailles, ovins, caprins, porcins, oeufs, lait et produits laitiers.

Achat et stockage du surplus

Il s’agit de l’achat et du stockage du surplus de certains produits à un prix appelé prix d’intervention. Ce système garantit aux éleveurs un seuil de revenu pour leur production. En 2009, ces aides sont allouées essentiellement aux producteurs de produits laitiers, bovins, ovins et caprins4.

La montant des interventions de l’UE, (hors promotions) ainsi que le montant des aides directes à la filière animale en 2009 s’élève ainsi à plus de 3 milliards euros. Par ailleurs, les éleveurs peuvent acheter du fourrage bon marché grâce aux subventions de l’UE pour la production de fourrage5.

Aides à la publicité pour les produits d'origine animale

Les promotions

L’union européenne vient en aide aux campagnes publicitaires pour augmenter les ventes de produits agricoles. Par exemple, en 2008, le Centre d’Information des Viandes, CIV, spécialisé dans la promotion de la viande, a décroché une aide de 899 844 euros6 sur 3 ans. En 2007, l’interprofession du porc, INAPORC (France) et Danish meat association (Danemark), ont également décroché une aide de 806 437 euros7 sur 3 ans.

Les aides nationales

Les éleveurs bénéficient par ailleurs des aides nationales. En voici quelques exemples.
En France, en 2008, la filière cunicole a bénéficié d’une aide de l’État d’un million d’euros8.

Aides à la publicité pour les produits d'origine animale

La filière foie gras bénéficie quant à elle d’aides de l’État pour se moderniser9 et d’aides locales pour la promotion de ses produits10. Les aides nationales et européennes se côtoient parfois pour une même opération de promotion des produits (voir ci-contre, publicité parue dans Maxi n°1156, semaine du 22 au 28 décembre 2008).

Le 28 octobre 2009, la commission européenne donnait son feu vert pour une aide exceptionnelle de 15 000 euros par exploitation pour les éleveurs laitiers11.

Les aides invisibles

Le soutien public à l’industrie de la viande ne se traduit pas uniquement par des aides financières. Il réside aussi dans des dispositions qui réduisent artificiellement ses coûts de production en les reportant sur la collectivité.
Ainsi la sous-tarification de l’eau à usage agricole profite significativement à la production de viande qui est particulièrement gourmande en eau12.

Les dégradations de l’environnement imputables aux élevages (pollutions des eaux, algues vertes...) sont subies par tous. C’est l’argent public qui est mis à contribution pour tenter d’en limiter les effets.

C’est aussi la collectivité qui finance les dépenses de santé liées aux pathologies imputables à la surconsommation de viande, de même que celles liées aux grippes aviaire, porcine et autres maladies de la vache folle.


1. Budget général 2009, Aides directes.
2. « “Nous rejetons les appels de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en faveur de davantage de libéralisation du commerce international. Ce sont ces mêmes politiques qui ont inondé nos pays avec de la nourriture bon marché, minant notre souveraineté alimentaire et détruisant notre capacité à produire de la nourriture pour nous-mêmes”, a déclaré à l’AFP Alvaro Santin du Mouvement brésilien des sans terres. », in « La FAO sur sa faim ? », France 24.
3. Op. cit., Intervention sur les marchés agricole, intitulé Restitutions,
4. Op. cit., Intervention sur les marchés agricole, intitulé Interventions sous forme de stockage et Aides à l’écoulement,
5. Op. cit., Intitulé Fourrages séchés
6. Programmes d’information et de promotion approuvés (marché intérieur), 2008.
7. Programmes d’information et de promotion approuvés (marché intérieur), 2007.
8. Réponse du Ministère de l’agriculture et de la pêche publiée dans le JO Sénat du 09/10/2008 - page 2029 à la question écrite n° 04179 de M. Bruno Retailleau.
9. Réponse du Secrétariat d’État chargé de la consommation et du tourisme publiée dans le JO Sénat du 30/01/2008 - page 581 à la question orale sans débat n° 0114S de M. Alain Milon.
10. Les exemples sont légion. Exemple.
11. http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/09/1599
12. Kevin Parris et Wilfrid Legg, « L’eau en agriculture : de l’abus à une utilisation durable », L'observateur de l'OCDE n° 254, mars 2006.