Élevage, viande et santé humaine

icône viande.info représentant les risques pour la santé imputées à l'élevage

Les élevages d’animaux et la consommation de produits animaux sont indissociables. Or, les deux contribuent chacun à leur manière à aggraver notre fardeau sanitaire.

Élevage et santé humaine

L’élevage est en soi un facteur de risque pour notre santé. Les systèmes industriels de production sont depuis longtemps la norme dans les pays développés et deviennent de plus en plus répandus dans les pays en développement. Le nombre énorme d’animaux élevés en confinement, dotés d’une variabilité génétique très pauvre, et soumis à une croissance rapide, crée des conditions idéales pour l’émergence et la propagation de nouveaux pathogènes.

Il n’y a jamais eu de « grippe légumineuse », ni de « grippe épinard » ou de « maladie du petit pois fou »... Par contre, les systèmes modernes d’élevage sont des incubateurs à virus, listeria monocytogènes, salmonelles, campylobacters, E. coli, et autres promoteurs de « grippes » en tout genre. Comme l’indique un rapport de la FAO1 : « il n’est pas surprenant que les trois-quarts des nouveaux pathogènes ayant affecté les humains dans les dix dernières années proviennent des animaux ou des produits animaux ».
En France, les propos des médecins sur les E. Coli se veulent rassurants alors même qu'elles ont conduits plusieurs personnes à l'hôpital dont certaines dans des états graves.

De plus, en élevage intensif, l’usage important d’antibiotiques contribue à l’antibiorésistance.

Certains ont cru pouvoir favoriser le poisson en remplacement de la viande. Mais aux ravages de la pêche sur la faune aquatique et sur les écosystèmes sont venus s’ajouter les effets de l’aquaculture, qui représente désormais 35% de la production totale de poisson et 47% du volume de poisson destiné à la consommation humaine2. Or, « l’aquaculture utilise des produits chimiques, des engrais, des antibiotiques qui sont nocifs alors que les contrôles sont très limités3 », selon le responsable du Rapport 2003 sur l’aquaculture en Méditerranée. D’après les données de l’Agence norvégienne de contrôle de la pollution, les rejets d’une ferme piscicole de moyenne importance produisant 3 120 tonnes de saumons sont équivalents aux rejets d’une ville de 50 000 habitants4.

Consommation de produits animaux et santé humaine5

La surconsommation de viande a pour effet d’augmenter la prévalence des affections suivantes : cancers (colon, prostate), maladies cardio-vasculaires, hypercholestérolémie, obésité, hypertension, ostéoporose, diabète (type 2), altération des fonctions cognitives, calculs biliaires, polyarthrite rhumatoïde et sans doute bien d’autres6. Nous en arrivons à des situations ubuesques où les animaux paient deux fois pour notre boulimie de viande. Ainsi, après avoir fait grand usage des rats, la recherche contre l’obésité complète sa panoplie en recourant à des mini-cochons7.

Contrairement à une idée reçue, les produits animaux ne sont pas indispensables à la santé humaine. La position conjointe des diététiciens américains et canadiens, émise en 2003, a formulé un bon résumé de cette réalité. Ces deux organisations, qui regroupent 70 000 diététiciens, ont endossé le fait que « les régimes végétariens (y compris le végétalisme) menés de façon appropriée, sont bons pour la santé, adéquats sur le plan nutritionnel et bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies8 ». Cette position de l’Association américaine de diététique a été réaffirmée en 20099.

On entend parfois dire que l’alimentation carnée « se suffit » tandis que les végétariens ont besoin d’ingérer des suppléments pour pallier aux déficiences de leur régime. C’est oublier que les carnivores consomment ces mêmes suppléments, produits en usine, par animaux interposés.

Végétaliser son alimentation

Plus de 200 000 personnes sont atteintes chaque année en France de maladies d’origine alimentaire et, dans l’immense majorité des cas, du fait de la consommation de produits animaux. Si nous végétalisons notre alimentation, nous arriverons à un monde où les gens seront en meilleure santé et n’auront plus, par leurs impôts, à combler des déficits d’assurance-maladie. Cela en vaut la peine.


1. J. Otte et alii, Industrial Livestock Production and Global Health Risks, FAO, juin 2007, p.2.
2. En 2008, selon la FAO, sur une production totale des pêches de 143,6 millions de tonnes, 92 millions de tonnes provenaient des pêches de capture et 51,7 millions de tonnes de l’aquaculture.
3. http://www.actu-environnement.com/ae/news/355.php4
4. Olivier Truc, « La Norvège veut lutter contre la pollution piscicole », Le Monde, 12 novembre 2009.
5. Sur ce point, on peut consulter notamment :
- Fabrice Nicolino, Bidoche, LLL, 2009, chapitre 11
- Position officielle de l’Association américaine de dététique et des diététiciens du Canada au sujet de l’alimentation végétarienne. Voir pp. 9-11.
6. Reuters, « Manger moins de viande est bon pour le climat et pour la santé », L’Express.fr, challenges, 25 novembre 2009.
7. « Des mini-porcs dans la lutte contre l’obésité », Le Télégramme, 11 novembre 2009.
8. Op.cit. (note 5), p. 1
9. http://www.alimentation-responsable.com/position-ADA-2009