Élevage, viande et santé humaine

  • L'élevage est responsable du déclenchement d'épizooties (ESB, grippe aviaire, etc.)
  • L'usage massif d'antibiotiques dans les élevages contribue grandement à l'apparition de souches bactériennes résistantes
  • La surconsommation de produits animaux est mauvaise pour la santé. D'un point de vue nutritionnel, il faudrait diviser par deux (au moins) notre consommation de produits d'origine animale
icône viande.info représentant les risques pour la santé imputées à l'élevage

Les élevages d’animaux et la consommation de produits animaux sont indissociables. Or, les deux contribuent chacun à leur manière à aggraver notre fardeau sanitaire.

Élevage et santé humaine

Augmentation du risque infectieux

L’élevage est en soi un facteur de risque pour notre santé. Les systèmes industriels de production sont depuis longtemps la norme dans les pays développés et deviennent de plus en plus répandus dans les pays en développement. Le nombre énorme d’animaux élevés en confinement, dotés d’une variabilité génétique très pauvre, et soumis à une croissance rapide, crée des conditions idéales pour l’émergence et la propagation de nouveaux pathogènes.

Il n’y a jamais eu de « grippe légumineuse », ni de « grippe épinard » ou de « maladie du petit pois fou »... Par contre, les systèmes modernes d’élevage sont des incubateurs à virus, listeria monocytogènes, salmonelles, campylobacters, E. coli, et autres promoteurs de « grippes » en tout genre. Comme l’indique un rapport de la FAO (Otte et al., 2007): « il n’est pas surprenant que les trois-quarts des nouveaux pathogènes ayant affecté les humains dans les dix dernières années proviennent des animaux ou des produits animaux ».
En France, les propos des médecins sur les E. Coli se veulent rassurants alors même qu'elles ont conduit plusieurs personnes à l'hôpital dont certaines dans des états graves.

Accroissement de l'antibiorésistance

Comme les élevages sont propices aux maladies infectieuses, les éleveurs sont obligés d’utiliser beaucoup d’antibiotiques pour soigner leurs animaux. À cela s’ajoute que les antibiotiques à faible dose stimulent la croissance des animaux. Bien qu’ils soient interdits comme promoteurs de croissance en Europe depuis 2006, ils le sont encore dans de nombreux pays. L’utilisation massive des antibiotiques, comme thérapeutiques ou comme promoteurs de croissance, favorise le développement de souches bactériennes résistantes aux antibiotiques.
Constat inquiétant : bien qu’on ait réussi à modérer l’usage global des antibiotiques ces dernières années, les éleveurs ont de plus en plus recours aux antibiotiques dit “de dernière ligne”, ceux qu’on n’utilise que quand les antibiotiques classiques ont échoué (ANSES, 2015).

Un rapport récent sur l'antibiorésistance n'invite pas à l'optimisme :

"Les considérations les plus pessimistes nous invitent à nous préparer à un monde sans antibiotique à l’horizon 2030 . Le directeur adjoint de l’OMS, Keiji Fuguda, estime ainsi que mourir des suites d’une infection banale ou d’une blessure mineure pourrait bientôt redevenir une réalité courante. Dans la même optique, une récente étude britannique estime qu’en 2050 le risque lié aux antibiorésistances pourrait conduire, au niveau mondial, à la perte annuelle de 10 millions de vies humaines" (Ministère de l'agriculture, 2015).

Certains ont cru pouvoir favoriser le poisson en remplacement de la viande. Mais aux ravages de la pêche sur la faune aquatique et sur les écosystèmes sont venus s’ajouter les effets de l’aquaculture, qui représente désormais 42% de la production totale de poisson. Or, « l’aquaculture utilise des produits chimiques, des engrais, des antibiotiques qui sont nocifs alors que les contrôles sont très limités » (Actu-Environnement, 2003), selon le responsable du Rapport 2003 sur l’aquaculture en Méditerranée. D’après les données de l’Agence norvégienne de contrôle de la pollution, les rejets d’une ferme piscicole de moyenne importance produisant 3 120 tonnes de saumons sont équivalents aux rejets d’une ville de 50 000 habitants (Truc, 2009).

Consommation de produits animaux et santé humaine

La surconsommation de viande, en particulier de viande rouge, tend à augmenter le risque de certaines maladies (comme le cancer du colon, les maladies cardio-vasculaires, l'obésité ou le diabète de type 2) et plus généralement augmente la mortalité (Pan et al., 2012). Nous en arrivons à des situations ubuesques où les animaux paient deux fois pour notre boulimie de viande. Ainsi, après avoir fait grand usage des rats, la recherche contre l’obésité complète sa panoplie en recourant à des mini-cochons (André, 2009).

L'OMS (2015) a officiellement classé la viande rouge parmi les cancérigènes probables chez l'humain et les viandes transformées (charcuteries, nuggets, corned-beef, "cordon bleus", etc.) parmi les cancérigènes certains chez l'humain.

L’école de santé publique de Harvard recommande de limiter notre consommation de viande à 90g par jour (nous en consommons actuellement 180g/j) et de limiter la consommation de laitages à deux portions par jours (nous en consommons entre 2,5 et 3 portions dans les pays occidentaux).
Le rapport de 2015 du Dietary Guidelines Committee américain (qui sert de base scientifique aux recommandations nutritionnelles officielles) enjoint les américains à végétaliser leur alimentation. Il fait du régime végétarien (incluant le régime végétalien) l’un des trois régimes alimentaires de référence, et ajoute qu’il a l'avantage d'être bénéfique à l’environnement.

La consommation de produits animaux n'est nullement nécessaire. L'Association des diététiciens Américains a établit que :

« les alimentations végétariennes bien conçues (y compris végétaliennes) sont bonnes pour la santé, adéquates sur le plan nutritionnel et peuvent être bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies. Les alimentations végétariennes bien conçues sont appropriées à tous les âges de la vie, y compris pendant la grossesse, l’allaitement, la petite enfance, l’enfance et l’adolescence, ainsi que pour les sportifs » (ADA, 2009).

On entend parfois dire que l’alimentation carnée « se suffit » tandis que les végétariens ont besoin d’ingérer des suppléments (de vitamine B12) pour pallier les déficiences de leur régime. C’est oublier que les carnivores consomment ces mêmes suppléments, produits en usine, par animaux interposés.

Végétaliser son alimentation

Plus de 200 000 personnes sont atteintes chaque année en France de maladies d’origine alimentaire et, dans l’immense majorité des cas, du fait de la consommation de produits animaux. Si nous végétalisons notre alimentation, nous arriverons à un monde où les gens seront en meilleure santé et n’auront plus, par leurs impôts, à combler des déficits d’assurance-maladie. Cela en vaut la peine.

Bibliographie

L'impact de la viande dans les médias