Gaspillage et pollution de l’eau

  • En France, il faut environ 8250L d'eau pour produire la nourriture quotidienne d'un omnivore, 3600L pour produire celle d'un végétalien
  • L'élevage émet des quantités importantes de nitrates, phosophatess et autres substances qui s'accumulent dans l'eau et provoquent la prolifération des algues vertes
  • Près de 80% des émissions d'ammoniac proviennent de l’élevage. L'ammoniac se dissout dans les précipitations et provoque des pluies acides
  • Les élevages bretons émettent autant d'excréments que 60 millions d'habitants et ces excréments sont répandus sans traitement sur le sol breton.

icône viande.info représentant le gaspillage et la pollution de l'eau imputées à l'élevage

Gaspillage d’eau

La Terre a des ressources en eau limitées. La FAO (2002) estime que nous disposons globalement de 9 000 à 14 000 km3 d’eau utilisables, soit, au mieux, 5 480 L d’eau par jour pour une population de 7 milliards, 4 260 L d’eau par jour et par personne pour une population de 9 milliards (vers 2050).

Environ 5 000 L d’eau sont nécessaires pour produire 1 000 kcal d’aliments d’origine animale, 1 000 L si l’origine est végétale (Renault, 2002, p.17). Ces chiffres incluent l'eau de pluie, l'eau d'irrigation et l'eau du robinet (utilisée, par exemple, pour la boisson des animaux ou pour nettoyer les bâtiments).

Eau en fonction des aliments

D'après les statistiques de la FAO, en France en 2011, la disponibilité alimentaire (consommation + gaspillage) était de 3523 kcal par jour et par personne, dont 1180 kcal d’origine animale et 2343 kcal d’origine végétale. Environ 8250 L d’eau par personne ont donc été nécessaires pour produire cette nourriture ce qui est largement excessif par rapport à l’eau disponible.
En adoptant une alimentation végétale, on peut ramener cette quantité d’eau à environ 3600 L.

Pollution des eaux

En prenant en compte les différents segments1 de la chaîne de production, l’élevage, y compris la pisciculture (Dupont, 2009), est la plus grande source sectorielle de polluants de l’eau : principalement les déchets animaux, les antibiotiques, les hormones, les produits chimiques des tanneries, les engrais et les pesticides utilisés pour les cultures fourragères, et les sédiments des pâturages érodés (FAO, 2006, part V).

L'eutrophisation, c'est-à-dire l'accumulation dans l'eau des nitrates, du phosphore et d'autres nutriments est responsable de la prolifération des algues vertes et de la dégénération des récifs coralliens. Cette eutrophisation cause la mort de nombreux êtres vivants aquatiques (Fromange et Novince, 2007) et de quelques animaux terrestres (Martin, 2009). L’élevage y contribue de façon directe par les rejets de lisiers et indirecte par l’excès d’engrais apportés aux cultures de céréales destinées à nourrir le bétail.

La gestion des déjections animales dans les élevages intensifs provoque le lessivage des nitrates et des agents pathogènes dans la nappe aquifère, qui met souvent en péril les réserves d’eau potable (FAO, 2005).

Pluies acides

Les émissions d’ammoniac (NH3) sont à 95% d’origine agricole, dont 80% proviennent de l’élevage (Protejoie et al., 2002).
Ce gaz très soluble dans l'eau se dissout dans les précipitations sous forme d'ammonium (NH4+), un ion acide, l'une des principales causes des pluies acides.

Les pluies acides perturbent la photosynthèse et détruisent les éléments nutritifs du sol causant le dépérissement forestier. Un rapport de 1999 sur l’état des forêts en Europe indiquait que 20% des terres sont très acides, 2/3 des forêts sont endommagées et 21,4% ont subi une défoliation d’au moins 25% (Commission Européenne, 1999).
Les lacs, les fleuves, les ruisseaux et les rivières sont eux aussi altérés par les pluies acides : on observe une réduction et une disparition d’espèces aquatiques, très sensibles au changement de pH (EPA, 2012).

Au Canada, sur 160 000 lacs de 10 hectares ou plus étudiés, 19,4% étaient acides et 51% en train de le devenir (Dupont, 2004).

Et en France ?

La France est le premier pays émetteur d’ammoniac en Europe (EEA, 2014, p. 55, tableau 2.6.)). Ces émissions sont à 97% d’origine agricole, dont 75% proviennent des élevages (Martin et Mathias, 2013), qui génèrent environ 300 millions de tonnes de déjections animales par an (IFEN-SCEES, 2005, p.53); dont la moitié est épandue dans les champs. En Bretagne, la population d’animaux d’élevage produit au minimum l’équivalent de la pollution organique de 60 millions d’habitants, soit les excréments de la population française répandus sans traitement sur le sol breton (Borvon, 2000).

Bibliographie



1. Les différents segments pris en compte sont l’abreuvement des animaux et l’entretien des locaux, les abattoirs et industries agroalimentaires, les tanneries et l’irrigation des cultures fourragères (Fao, 2006, pp. 128-135).