L’élevage accentue l’effet de serre et la déforestation

icône viande.info représentant la faim dans le monde

L’élevage, l'un des premiers responsables des gaz à effets de serre

En 2006, un rapport de la FAO, Livestock's long shadow, a révélé que l’élevage produisait une quantité importante de gaz à effet de serre (GES). Dans le rapport de 2013, Tackling climate change through livestock1., des calculs fondés sur des données plus précises établissent à 14,5% la contribution de l'élevage dans les émissions de gaz à effet de sert d'origine anthropique, dont 9,3% pour les seuls bovins. C'est autant que le secteur des transports2.

Livestock's Long Shadow

Chiffres clés

Le secteur de l'élevage produit 7,1 millards de tonnes d'équivalent CO2, soit environ 1/7 de l'ensemble des émissions de gaz à effet de serre.

Ces émissions de GES se répartissent comme suit. 45% est attribuable à la production et au transport des aliments (dont 9% imputables à la déforestation liée à l'extension des cultures et des pâturages). 39% proviennent de la fermentation gastrique des ruminants. 10% résultent du stockage et de l'utilisation du lisier. 6% sont causés par le transport, l'abattage des animaux et au stockage des produits animaux.

Il apparaît que les émissions sont dues majoritairement à l'élevage des ruminants. Produire 1 kg de protéines sous forme de viande de boeuf émet en moyenne 300 kg d'éq. C02, contre moins de 50 sous forme de viande de porc, de poulet ou d'oeufs. En avril 2010, la FAO a publié un rapport sur la contribution spécifique du secteur laitier à l’émission de GES4, qu’elle a évalué à 4% des émissions d’origine anthropique.

L'Europe contribue pour 8,5% des émissions de GES liés à l'élevage.

Un rapport de 2011 conjecture que, entre 2005 et 2050, la demande de viande augmentera de 73% et celle de lait de 58%3..

L'élevage ne se fait pas en forêt

L’élevage extensif et le soja exporté comme aliment du bétail sont la première cause de la déforestation selon Alain Karsenty, économiste au Centre de coopération internationale pour le développement et expert auprès de la Banque mondiale6. Après une enquête de 3 ans publiée en juin 2009, Greenpeace affirme que l’élevage bovin est responsable à 80% de la destruction de la forêt amazonienne7.

Avec une superficie de six millions de kilomètres carrés, la forêt amazonienne est la plus grande zone de forêt primaire tropicale de la planète. Durant les quarante dernières années, 800 000 km2 de forêt amazonienne ont été détruits. Actuellement, ce chiffre est de 14 000 km2 par an et s’accélère à cause de l’augmentation de la production de viande qui oblige à gagner du terrain sur la forêt pour faire plus d’élevage.

L’Union européenne, dont la superficie des forêts augmente, est le 4e importateur de bovins derrière les USA, la Russie, et le Japon. En outre, 80% des importations de bovins de l’UE viennent d’Amérique du Sud. La France est le premier consommateur européen de viande bovine8. Ainsi la consommation de viande en Europe et en France est une cause de la déforestation en Amérique du Sud.

Cette déforestation, en pleine accélération, cause 20% des émissions mondiales de GES9 (combustion massive de matière organique), perturbe le cycle de l’eau (la végétation et l’humus stockent et diffusent l’humidité) et réduit la biodiversité par la destruction de l’habitat de millions d’espèces végétales et animales. En outre, le compactage des sols, piétinés par le bétail, empêche les infiltrations d’eau et provoque des ruissellements qui érodent les sols et privent d’eau les derniers végétaux, rendant les terres inutilisables.

Les pâturages et les puits de carbone en France

Si les zones de pâturage constituent des puits de carbone, la reforestation également, et de manière plus efficace. Le bilan de gaz à effet de serre des prairies correspond à un puits modéré d’environ 1 tonne de carbone par hectare et par an ; par ailleurs, les prairies les plus exploitées par la fauche et le pâturage présentent la plus faible activité de puits de gaz à effet de serre10. D’un autre côté, une jeune forêt tempérée (hêtraie) se comporte globalement comme un puits de carbone d’environ 4 tonnes par hectare et par an11.

Lutter contre le réchauffement par son alimentation

En octobre 2009, l’ancien vice-président de la banque mondiale, Lord Stern, auteur du rapport Stern sur l’économie du changement climatique publié en octobre 2006, déclarait au Times que « La viande crée beaucoup de GES. Le régime végétarien est meilleur [pour la planète]12 ». Le président du GIEC, Rajendra Pachauri, recommandait déjà en 2007 de réduire sa consommation de viande pour faire diminuer les émissions de GES13. Manger plus de végétaux et moins de viande est aussi un des conseils délivrés par La Commission Européenne pour lutter contre le réchauffement climatique14. Le rapport de Foodwatch15 propose une illustration de l’effet sur le climat de 3 types de régimes alimentaires. Une alimentation sans produits animaux émet de 7 à 15 fois moins de GES qu’une alimentation qui contient de la viande et des produits laitiers.

Schéma montrant l'effet de serre selon l'alimentation

1.Gerber, Pierre J, et FAO. 2013. Tackling Climate Change through Livestock: A Global Assessment of Emissions and Mitigation Opportunities. Accessible en ligne.
2. Intergovernmental Panel on Climate Change. 2007. Climate change 2007: mitigation of climate change: contribution of Working Group III to the Fourth assessment report of the Intergovernmental Panel on Climate Change. Édité par Bert Metz. Cambridge ; New York: Cambridge University Press. Accessible en ligne.
3. FAO. 2011. World livestock 2011: livestock in food security. Édité par A. McLeod. Rome: Food and Agriculture Organization of the United Nations. Accessible en ligne.
4. Greenhouse gas Emissions from the Dairy Sector: A Life Cycle Assessment, FAO, 2010
5. Lire Émissions de GES en France.
6. Laurence Caramel, « Lutte contre la déforestation : attention aux mirages », Le Monde, 27 octobre 2009.
7. Greenpeace, « En Amazonie », juin 2009.
8. FranceAgrimer, Les cahiers de FranceAgrimer, Données statistiques sur l’élevage, 2009.
9. Laurence Caramel, « Lutte contre la déforestation : attention aux mirages », Le Monde, 27 octobre 2009.
10. INRA, Le rôle positif des prairies dans le stockage du carbone, Fiche de Presse Info, 06 mars 2007
11. INRA, Le rôle des forêts dans le cycle du carbone, Fiche de Presse Info, 25 février 2008
12. « Climate Chief Lord Stern : give up meat to save the planet », The Times, 27 octobre 2009.
13. http://blog.rkpachauri.org/blog/4/Lifestyle-Changes-for-A-Healthy-Planet.htm
14. « Mangez des légumes ! La production de viande rejette à la fois plus de CO2 et de méthane et demande de grandes quantités d’eau. Les ruminants, comme les vaches, moutons et chèvres, sont de gros producteurs de méthane en raison de la manière dont leur système digestif assimile les aliments. » in http://ec.europa.eu/environment/climat/campaign/pdf/ppt3-notes-fr.pdf
15. The foodwatch report on the greenhouse effect of conventional and organic farming in Germany.