Émissions de GES en France
Le CITEPA (Centre Interprofessionnel Technique des Pollutions Atmosphériques) évalue les émissions de GES en France. En se reportant au site de cet organisme[1], on trouve des données périodiquement actualisées. Les estimations publiées lors de la mise à jour de février 2009 indiquent qu’en 2007, 444 millions de tonnes équivalent CO2 ont été émises en France. Pour des informations détaillées par gaz et par secteur, on peut consulter le rapport Substances relatives à l’accroissement de l’effet de serre[2].
Signification des estimations en « équivalent carbone »
Les gaz à effet de serre ont des potentiels de réchauffement global (PRG) différents. En utilisant des coefficients multiplicateurs, on convertit les émissions effectives des différents gaz (mesurées en millions de tonnes - Mt) en émissions équivalentes en carbone (CO2), ce qui permet d’homogénéiser et d’additionner les données. Les PRG (coefficients multiplicateurs) utilisés pour les gaz autres que le carbone sont ceux indiqués dans le rapport 2007 du GIEC. Ces indices sont différents selon l’horizon temporel choisi (20 ans, 100 ans, 500 ans...) car la vitesse à laquelle les GES sont éliminés dans l’atmosphère après leur émission est très différente selon les gaz considérés. Il est usuel de retenir l’horizon de 100 ans. C’est ce qui a été fait dans les estimations du CITEPA comme dans celles de la FAO[3].
Principaux secteurs émetteurs de GES en France
selon le CITEPA
Pour 2007, le CITEPA indique que les 5 principales activités émettrices de GES en France sont les suivantes :
1 - Résidentiel 12 %
2 - Elevage 9,2 %
3 - Culture 9,1 %
4 - Poids lourds diesel 6,8 %
5 - Voitures particulières diesel catalysées 6,5%
Les 9,2% imputés à l’élevage peuvent sembler relativement rassurants : l’élevage causerait « seulement » 9,2% des émissions de GES en France, alors que selon la FAO le chiffre est de 18% au niveau mondial, et cela bien que la France soit un pays où l’élevage est particulièrement développé. En réalité, on ne peut rien conclure de tel : les chiffres issus des deux organismes ne sont pas comparables car construits avec une méthodologie différente.
CITEPA et FAO : définition étroite ou large
de la contribution de l’élevage à l’émission de GES
Le CITEPA évalue les émissions de GES générées par l’activité d’élevage dans les exploitations agricoles qui le pratiquent. Quand on regarde le détail des chiffres associés à cette activité[4], il apparaît que la part de l’élevage dans l’émission de GES n’est significative que pour deux gaz : le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O). Les sources en sont la digestion des ruminants et les déjections des animaux[5] que ce soit sur les lieux de vie des animaux ou sur les lieux de stockage des fumiers et lisiers.
Dans Livestock’s Long Shadow (2006), les experts de la FAO cherchent à évaluer les émissions de GES causées par l’ensemble du processus qui conduit à mettre des produits de l’élevage à la disposition des consommateurs[6]. Cela inclut les émissions de GES des entreprises d’élevage mais aussi ce que qui se passe en amont et en aval : les émissions de GES liées à la production des aliments destinés aux animaux, à leur transport jusqu’aux élevages, puis les émissions liées à la transformation, acheminement, réfrigération, de la viande et autres produits. Sont également imputées à l’élevage les émissions de GES liées à la transformation des sols : déforestation, désertification ou appauvrissement des sols dans certaines régions du monde en raison du surpâturage. Si en fin de compte, certains de ces éléments ne sont pas effectivement chiffrés, faute de données fiables à l’échelle mondiale, c’est bien une mesure globale du coût en émission de GES de la consommation de produits issus de l’élevage (d’animaux terrestres) qui est recherchée.
1. http://www.citepa.org/emissions/nationale/Ges/ges_prg.htm
2. CITEPA, Substances relatives à l’accroissement de l’effet de serre, mise à jour de mai 2009.
3. Le choix de l’horizon de 20 ans aurait pour effet de majorer le poids relatif des activités d’élevage dans les émissions de GES. En effet, l’élevage est la principale cause d’émission de méthane (En France, 79% du total des émissions de ce gaz sont imputables à l’élevage en 2007). Or, le méthane (CH4) a un fort pouvoir de réchauffement mais une durée de vie courte dans l’atmosphère (14 ans). C’est pourquoi le PRG du méthane à un horizon de 20 ans est de 72 (l’émission d’un Mt de méthane est équivalente à l’émission de 72 Mt de CO2) tandis qu’il n’est que de 21 quand on fait le calcul à un horizon de 100 ans. Ainsi, en utilisant les données du rapport du CITEPA cité en note 2 concernant les émissions des différents GES en Mt, et en les convertissant en équivalent carbone au moyen des PRG à 20 ans, on trouve que l’élevage est responsable de 23% des émissions de GES en France (2007) contre 9,2% quand on utilise les PRG à 100 ans.
4. CITEPA, op. cit.
5. La méthode du CITEPA est évoquée dans J.-B Dollin et P. Robin, « Emissions de gaz à effets de serre en bâtiment d’élevage bovin », journées AFPF, 27-28 mars 2006,
6. Op.cit. chapitre 3, p. 91 et sq.






