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L'impact de la viande sur les humains, les animaux et l'environnement

La pêche

  • Plus de 90 millions de tonnes de poissons sont pêchés chaque année
  • Soit plus de 1000 milliards de poissons, tués par décompression et suffocation
  • À cela s’ajoutent les prises accessoires (rejetées en mer) : 7 à 20 millions de tonnes
  • 29 % des ressources marines sont surexploitées

D’après le rapport de la FAO de 2016 intitulé La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture, les pêcheurs (en mer et en eaux douces) ont capturé, en 2014, 93,4 millions de tonnes d’animaux marins. (FAO, 2016) Ce chiffre est relativement stable depuis 20 ans. Le nombre d’individus n’est pas comptabilisé par les pêcheurs. Pour ce qui est des vertébrés, ce nombre est estimé, par l’organisation fishcount.org, entre 970 et 2740 milliards d’individus chaque année. Cette estimation ne prend toutefois pas en compte les prises accessoires (les animaux pêchés accidentellement qui seront rejetés à la mer morts ou agonisants).

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La pêche, une chasse sans merci

Lorsqu’on parle de pêche, on ne parle ni de cueillette, ni d’exploitation minière, mais bien de chasse. Les mers, lacs et cours d’eau sont hérissés de pièges humains qui conduisent à la mort des centaines de milliards d’animaux chaque année. Les bateaux sont de mieux en mieux équipés pour ne laisser aucune chance aux poissons : à la fois par la sophistication des outils de capture et par la multiplication des équipements permettant de repérer leurs proies. On estime aujourd’hui que plus de 1000 milliards de poissons sont pêchés chaque année.

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La lente agonie des poissons pêchés

Les poissons sauvages sont capturés et tués d’une manière totalement incompatible avec les concepts de traitement et d’abattage destinés à limiter le mal‐être, et l’intensité autant que la durée de leur souffrance sont probablement importantes. La capture de poissons sauvages peut durer de quelques heures à plusieurs jours. La plupart d’entre eux sont susceptibles de mourir écrasés dans des filets, par suffocation au contact de l’air ou bien disséqués vifs. Ils peuvent être rapidement réfrigérés alors même qu’ils suffoquent encore, un procédé qui peut à la fois accroître et prolonger leur souffrance.

La durée de l’agonie varie selon les espèces, le traitement, mais aussi la température. Elle peut se prolonger de 25 minutes à 4 heures : à titre de comparaison, elle peut aller jusqu’à 14 minutes pour un bovin.

L’agonie des poissons pêchés

L’hécatombe des prises accessoires

La production des pêcheries n’inclut que le tonnage d’animaux débarqués et commercialisés. Mais une partie des animaux capturés est rejetée à la mer, morts ou agonisants, car trop petits ou ne correspondant pas aux espèces ciblées. C’est ce qu’on appelle les prises accessoires.

L’essentiel des corps rejetés ou des déchets issus de poissons éviscérés à bord coule sans être consommé. Une partie est mangée par des poissons ou par des oiseaux ; ce qui a entrainé, par exemple, la prolifération des goélands et des sternes en mer du Nord.

Il est difficile d’estimer le volume global des rejets, car ils sont très variables selon les lieux et les types de pêche. D'après la dernière étude en date de la FAO, ils représenteraient environ 7,3 millions de tonnes par an (Kelleher K., 2005). Un rapport de synthèse de 2009, commandé par le WWF, avance quant à lui le chiffre de 38,5 millions de tonnes (Davis et al., 2009). Ces différences drastiques au niveau des estimations viennent de plusieurs facteurs : la définition des prises accessoires n'est pas toujours la même, et les méthodes de calcul peuvent faire varier les résultats.

La pêche à la crevette est la plus dommageable : elle est responsable à elle seule d'environ 27 % de l’ensemble des prises accessoires de la pêche commerciale. Pour la pêche d'un kilo de crevettes, il peut y avoir jusqu'à 20 kilos de prises accessoires rejetées en mer. (Eayrs et FAO, 2009)

Les poissons, mollusques et crustacés ne sont pas les seules victimes des prises involontaires. Chaque année, des centaines de milliers de cétacés (baleines, dauphins, marsouins) meurent emmêlés dans les filets de pêche (U.S. Ocean Commission, 2004).

Les ravages de la pêche fantôme

La « pêche fantôme » désigne la prise d’animaux par des équipements de pêche perdus ou abandonnés en mer (filets, pièges et nasses). Ces équipements représenteraient 10 % des déchets marins, soit 640 000 tonnes (FAO, 2009).

Voici ce qu'a déclaré la FAO en 2009 sur son site :
« Aujourd'hui, les filets maillants sont sur le banc des accusés. L’extrémité du filet est ancrée au fond de la mer et des bouchons sont attachés au sommet. Ainsi, il forme un mur vertical sous-marin long de 600 à 10 000 mètres, dans lequel vont se prendre toutes sortes d’animaux. Si un filet maillant est abandonné ou perdu, il peut continuer à pêcher tout seul pendant des mois - parfois, pendant des années - et tuer sans distinction poissons et autres animaux.

Dans la baie de Chesapeake aux États-Unis, environ 150 000 pièges à crabes sont perdus chaque année sur les 500 000 déployés. En Guadeloupe, les 20 000 pièges qui sont posés chaque année se perdent lors de la saison des ouragans. »

La surpêche

Dans le concept de surpêche, les poissons sont vus comme des ressources renouvelables alors qu'il sont des individus sensibles. Il y a surpêche (ou surexploitation) quand la population de poisson diminue d’une année à l’autre.

La proportion des « stocks » de poissons surexploités est passé de 10 % en 1974 à 31,4 % en 2013. 58,1 % des stocks de poissons sont exploités au niveau maximal et 10,5 % en deçà du niveau maximal (« sous-exploités ») (FAO, 2016).

Ce même rapport prédit une diminution des rendements de la pêche des populations surexploitées dans les années à venir.

La surpêche a des conséquences écologiques dramatiques : « L’extinction écologique causée par la surpêche dépasse tout autre perturbation généralisée d’origine humaine sur les écosystèmes côtiers, incluant la pollution, la dégradation de la qualité de l’eau, et le changement climatique anthropique » (Jackson, 2001).
Ce constat est confirmé par une publication scientifique récente (Watson et al., 2013).

La surpêche, la pollution et la destruction des milieux de vie par les humains pourraient provoquer la disparition des espèces les plus couramment pêchées si la pression environnementale que nous exerçons ne diminue pas (Worm et al., 2006).

Les estimations du degré de surexploitation des ressources halieutiques sont variables et controversées, aussi bien pour des raisons scientifiques que politiques et économiques. Mais il n’y a pas de doute sur le fait que la surpêche existe bel et bien. Elle a déjà conduit a l’effondrement complet de certains stocks. Un exemple qui a marqué les esprits est celui de la pêche à la morue au large de Terre-Neuve. Au début du XXe siècle des centaines de bateaux européens traversaient l’Atlantique pour pêcher dans cette région. Puis, les bateaux, équipés de chaluts et de sonars, sont devenus de plus en plus performants. De 1945 à 1965, les prises ont été multipliées par quatre, avant de se mettre à chuter fortement. En 1992, le gouvernement canadien s’est rendu à l’évidence et a décrété un moratoire sur la pêche à la morue. Malgré l’arrêt de la pêche, les stocks de morue sont encore aujourd’hui loin d’être reconstitués (Franck et al., 2011).

Au niveau global, divers indicateurs attestent de la réalité de la surpêche. La modernisation et l’accroissement de la flotte de pêche n’a jamais cessé. De très nombreuses pêcheries sont en état de surcapacité. Les bateaux sont de mieux en mieux équipés pour ne laisser aucune chance aux poissons : à la fois par la sophistication des outils de capture et par la multiplication des équipements permettant de repérer leurs proies.

Cependant, les prises plafonnent autour des 90 millions de tonnes annuelles. Et, cela bien que la pêche s’étende à de nouvelles zones et espèces.

Les poissons pêchés de longue date vivent en eaux peu profondes (jusqu’à environ 200 m au-dessous de la surface). Plus bas, on trouve d’autres espèces. À mesure que les stocks des poissons habituellement capturés se sont mis à décroître, et grâce à la course à l’armement technique, les bateaux de pêche se sont mis à puiser dans les eaux plus profondes. De nouvelles espèces ont été pourchassées : flétan, merlan bleu, julienne, siki (parfois commercialisé sous le nom de  « saumonette » bien qu’il s’agisse d’une variété de requin), empereur, grenadier, sébaste (parfois commercialisé sous le faux nom de « rascasse »), lingue, sabre… Le pillage des eaux profondes a été déclenché alors qu’on connaît mal la biologie et les conditions de reproduction des nouvelles victimes. Il y a de sérieuses raisons d’être pessimiste : les espèces pêchées en eaux profondes sont des animaux d’une grande longévité, qui atteignent tardivement l’âge de reproduction et présentent une faible fécondité. C’est pourquoi Greenpeace demande l’interdiction de la pêche dans les grands fonds.

Les chalutiers français et espagnols ont été les premiers à se spécialiser dans les poissons d’eaux profondes. La France est le premier pays d’Europe en matière de pêche et de consommation de poissons des grands fonds.

Les dommages du chalutage de fond

Les chaluts sont des filets tractés par des navires de pêche. L’essor des chalutiers industriels est pour beaucoup dans la surexploitation des mers.

Pour pallier à l’épuisement des stocks halieutiques de surface, on s’est mis, à la fin du 20e siècle, à pêcher de plus en plus profondément au chalut. Cela a conduit au développement du chalutage de fond.

Le chalutage de fond consiste à lester d’immenses filets avec des poids afin de le positionner à proximité du fond. Les chaînes ou rouleaux fixés à l’avant des filets raclent le sol, arrachant la flore et endommageant ou détruisant les coraux et colonies d’éponges. Cette technique est particulièrement destructrice d’habitats nécessaires au maintien et à la diversité de la vie marine.

En 2006, l’ONU a demandé que la pêche de grands fonds soit encadrée de façon à protéger des milieux marins très vulnérables. Mais les États et organismes internationaux de gestion des pêches n’ont pas agi dans les délais prévus.

Un moratoire sur la pêche au chalut de fond est entré en vigueur le 30 septembre 2007 pour la seule région du Pacifique sud.

En 2006, les États-Unis ont interdit, dans les zones relevant du gouvernement fédéral (entre 3 et 300 miles des côtes), le chalutage de fond sur la plupart de leurs côtes du Pacifique et l’on restreint sur leurs autres côtes.

En décembre 2013, le parlement européen a rejeté, à une courte majorité, l’interdiction globale du chalutage de fond dans les eaux européennes. Ce type de pêche est cependant interdite dans les zones à écosystème fragile. L’interdiction globale sera soumise à un nouveau vote dans quatre ans.

Des puits de carbone qui disparaissent

Les « puits de carbone » sont des entités naturelles ou artificielles qui extraient et séquestrent du carbone présent dans l’atmosphère, réduisant ainsi l’effet de serre. Les océans absorbent environ la moitié du carbone émis dans l’air via le plancton, les poissons et les coraux. Les poisson éliminent les sels minéraux en excès par les intestins, sous forme de cristaux de carbonate de calcium et de magnésium (principalement). Les poissons contribueraient ainsi pour 3 à 15 % aux puits de carbone océaniques, voire beaucoup plus selon certaines hypothèses (Wilson et al., 2009). Les plateaux continentaux sont les zones les plus propices à ce piégeage du carbone, d’une part parce qu’ils abritent la plus grande biomasse de poissons, d’autre part parce que le fond (sur lequel tombent les cristaux de carbonates) n’est pas trop profond. En effet, les cristaux de carbonate de magnésium deviennent solubles à plus de 1000 mètres de profondeur et peuvent se retransformer en CO2. C’est malheureusement au niveau des plateaux océaniques que la surpêche a fait disparaître le plus de poissons, contribuant ainsi au réchauffement climatique.

Pêche artisanale et pêche industrielle

Même si la délimitation de la pêche artisanale reste quelque peu floue, il est courant de distinguer la pêche artisanale de la pêche industrielle. Les deux secteurs présentent en effet des traits sensiblement distincts à divers égards, comme l’indique le tableau suivant.


Tableau tiré et traduit de Jacquet et Pauly, 2008.

Les caractéristiques des deux secteurs justifient que l’on s’attache particulièrement à freiner la pêche industrielle, la plus destructrice. Ceci étant dit, l’augmentation des volumes pêchés n’est pas uniquement imputable à l’essor de la pêche industrielle. La flotte artisanale s’est elle aussi modernisée et a accru sa capacité de capture. Il existe en outre des formes très destructrices de pêche artisanale comme la pêche à l’explosif ou la pêche au cyanure.

Bibliographie

France Inter26 avril 2017https://www.franceinter.fr/emissions/et-si-demain/et-si-demain-26-avril-2017 Et si demain on opérait une transition alimentaire ?
Direct Matin24 janvier 2017http://www.directmatin.fr/environnement/2017-01-24/la-consommation-de-viande-principale-cause-du-rechauffement-climatiqueLa consommation de viande, principale cause du réchauffement climatique
Le Figaro18 novembre 2016http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/11/18/20002-20161118ARTFIG00253-le-foll-annonce-des-aides-supplementaires-pour-les-eleveurs-laitiers-et-bovins.phpLe Foll annonce des aides supplémentaires pour les éleveurs laitiers et bovins
Le Parisien17 novembre 2016http://www.leparisien.fr/flash-actualite-sante/grippe-aviaire-risque-eleve-dans-une-partie-de-la-france-17-11-2016-6339219.phpGrippe aviaire: risque "élevé" dans une partie de la France
ANSES16 novembre 2016https://www.anses.fr/fr/content/antibior%C3%A9sistance-en-sant%C3%A9-animale-les-taux-de-r%C3%A9sistances-se-stabilisent-les-ventes-dAntibiorésistance en santé animale : les taux de résistances se stabilisent, les ventes d’antibiotiques continuent de diminuer

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